J 06 en route vers Kazan

15 Mai 2018

Etape de transition comme on dit pour le Tour de France…

Un dernier coup d’œil à mon hôtel de rêve où j’ai passé la nuit

Avant de suivre une route (toujours la même autoroute M7) sans grand intérêt.

A noter le passage sur un affluent de la Volga, la Soura qui précède une belle montée qui m’a laissé sur les genoux…

L’autoroute s’est transformée en route à deux voies normales, sans accotement praticable (en tout cas pour moi) et avec du macadam par-ci et par-là, de façon épisodique et très aléatoire. Autant dire que tout le monde était balloté : camions, voitures et Stéphane sur son vélo.

Donc à part vous parler des larves de scarabée qui décident de se suicider en essayant de traverser l’autoroute (à moins que ça ne soit un stratagème pour un premier envol, propulsé par le souffle d’un camion…?), mon inspiration sur le trajet d’aujourd’hui est un peu en berne.

Je vais en profiter pour vous parler de Michel Strogoff dont il avait été question à N. Novgorod.

Ce soir je vous fais le pitch (pour ceux qui n’ont pas lu Jules Verne) : le czar doit faire face à une invasion-rébellion des Tartares dans les provinces orientales de l’empire russe. Cette rebellion est fomentée en sous-main par Ivan Ogareff si je me souviens bien, méchant parmi les méchants, qui veut mettre à mal le pouvoir du tsar et se venger de l’Archiduc, frère du tsar, qui l’avait envoyé en exil en Sibérie. Le câble télégraphique étant coupé le tsar envoie son meilleur officier-coursier, le fameux Michel Strogoff, doté de toutes les qualités pour faire un héros sans peur et sans reproche. Natif d’Omsk, Michel Strogoff connaît la région comme sa poche, est dévoué corps et âme au tsar et va mener sa mission pour mettre à mal les plans machiavéliques d’Ivan Ogareff. Deux personnages secondaires viennent compléter le casting : les journalistes Alcide Jolivet (français) et Harry Blount (britannique) qui vont s’entraider et se tirer la bourre pour avoir les infos exclusives sur ce qui se passe en Sibérie.

Et donc Michel Strogoff quitte Moscou pour N. Novgorod où commence réellement son aventure puisqu’il va avoir une première fois l’occasion de croiser Ivan Ogareff au moment de prendre un bateau qui va descendre la Volga jusqu’à Kazan.

En attendant la suite des aventures de Michel Strogoff, je suis quant a moi confortablement installé à 175 km de Kazan dans la ville de Tcheboksary (Чебоксары en Russe). C’est pour l’instant la première ville où je vois un panneau indiquant une piste cyclable et des cyclistes l’empruntant pour la pratique sportive.

A suivre…

P.S. : vous avez été nombreux à me signaler que les vidéos de l’article d’hier n’étaient pas lisibles et je vous en remercie. Il s’agit d’un bug de WordPress visiblement et j’ai transféré les vidéos sur YouTube et les ai insérées à nouveau dans l’article. Et j’ai ajouté pour me faire pardonner une vidéo « selfy » qui vous montrera comment ça se passe sur la selle du vélo !

J 05 bis La Volga

14 Mai 2018

Départ de bonne heure et d’humeur incertaine vers le télé-cabine…

Descente vers la rive de la Volga, quelques kilomètres (en passant au pied de l’escalier monumental du château et d’un bateau apparemment mythique)

Après une montée bien pénible (3 arrêts pour souffler…) j’arrive au œufs qui, ouf, acceptent bien les cyclistes😛… au moins ça récompense de la montée !

Beau, grisant, épatant… je ne sais pas quels superlatifs utiliser pour ce survol de la Volga sous un ciel limpide.

Dans les îlots qui parsèment le cours du fleuve on entend les canards ou les oies sauvages.

A la fin de cette « traversée » la ville de Bor (бор), ville animée en ce début de matinée.

Un café et deux œufs dur comme petit déjeuner dans un bistro et je repars pour 80 km de route pour rejoindre Makar’Yevo et son bac pour retraverser la Volga à côté d’un splendide monastère.

Laurent continue à m’accompagner grâce à Internet et m’encourage pour que j’arrive avant 13H, heure prévue pour la traversée.

Finalement j’arrive à 12H15 après 85 km dans la matinée sur une route plate et agréable.

Le monastère brille sous ses coupoles dorées

Rencontre avec un jeune kayakiste qui vient de passer une semaine sur la Volga avec son fils de 5 ans.

Il m’offre gentiment du thé… спасибо!

Puis le bateau arrive… vive les bateliers de la Volga

Embarquement vite fait bien fait

Passage à la Kacca

Et on navigue

On finit par débarquer à Lyskovo

Et pour boucler l’étape une cinquantaine de kilomètres (je termine l’étape à 135 km, sans tenir compte des deux traversées). Une belle journée pour mon vélo et moi !

Encore большое спасибо à Laurent, mon accompagnateur virtuel sur toute l’étape, en particulier à la fin quand je commençais à galérer pour trouver un logement.

J 05 La Volga

Qui n’a jamais rêvé de la Volga et de ses bateliers ? Vous avez pu voir hier que c’est un fleuve imposant, majestueux et ça n’est pas pour rien que Jules Verne a noué l’intrigue de Michel Strogoff sur les bords de la Volga à N. Novgorod.

Donc un fleuve qui fait rêver mais qui m’a stressé hier car, en prenant les photos je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de pont sur la Volga en aval de N. Novgorod.

Or mon ami Gloogle m’avait bel et bien fait une trace traversant la Volga juste à la sortie de la ville. Comme Google se trompe rarement l’explication était une traversée en ferry. Mais qui dit ferry dit horaires… donc je prends mes renseignements auprès du jeune stagiaire de l’hôtel qui finit par m’annoncer que le service des ferries commencent le 29 Mai, information considérable quand on a prévu de faire ce trajet le 14.

Après moult réflexions et considération peu amènes sur l’idiotie de Google, la bêtise des horaires qui font démarrer la saison d’été un 29 Mai (pourquoi pas le 14 ? Tout le monde sait que le véritable été démarre le 21 juin après-tout.

Quand soudain mon stagiaire réceptionniste-concierge se souvient d’un petit détail : il y a une autre liaison entre les deux rives…

Que ne le disiez-vous plus tôt mon jeune ami comment dites-vous ? Cable-car ? Connais pas. Un télécabine ? Pardon ? Des œufs, comme à Courchevel. Comment ça vous pensez qu’on ne peut pas prendre de vélo dans les œufs ? C’est sur cette question légèrement importante que je suis monté dans ma chambre où, au lieu de dormir je me suis mis à l’étude de scénarios alternatifs.

Donc ce soir je paie un peu cette dette de sommeil et je vais vous laisser sur cette terrible incertitude.

Mais dormez bien quand même : tout s’est déroulé à merveille et j’ai même fini par dépasser mon objectif initial de 20 km, donc 132 km aujourd’hui.

A demain pour la suite…

Désolé de ne pas avoir été plus prolixe hier soir mais j’étais quand même un peu fatigué et pour couronner le tout il y a eu une coupure de courant généralisée dans l’hôtel et le restaurant. Donc plus de lumière, plus d’internet… une bonne excuse pour moi de ranger mon téléphone et de dormir.

Je pensais envoyer quelques photos de la traversée aérienne de la Volga mais ce matin toujours pas d’internet même si le courant électrique est revenu.

Ma connexion via le téléphone est trop lente pour poster des photos.

Mais la double traversée de la Volga hier, d’abord en télécabine puis en ferry ont été des moments magiques, inoubliables !

J’ai hâte de vous envoyer photos et vidéos.

Mon trajet a donc été plus qu’agréable hier. Raison pour laquelle je ne me suis pas trop formalisé quand je suis arrivé au centre de vacances prévu pour mon étape et que je l’ai trouvé fermé (pas encore la saison…).

Aidé à distance par mon ami Laurent qui, depuis Vannes, m’a aidé à repérer un hôtel sur la suite du trajet, j’ai terminé l’étape à bonne allure vers mon point de chute de cette nuit.

J’ajouterai donc photos et vidéos ce soir.

Merci de votre patience 😊

J 04 Nizhny-Novgorod

13 Mai 2018

Le trajet aujourd’hui était (un peu) plus calme, plus plat, moins long que la veille… donc sans trop d’efforts je suis arrivé à Nizhny Novgorod avant 16H.

Un petit aperçu de ce qui se passe sur la route avec cette vidéo

Pendant le trajet j’ai dénombré une soixantaine de radars mobiles : il faut croire que le dimanche est un bon jour pour faire rentrer de l’argent dans les caisses de la Fédération… en tout cas très bien cachés et on ne voit personne faire d’appels de phare en sens inverse

Première rencontre avec les moustiques pendant ma sieste dans un sous-bois… j’ai plié bagages rapidement et écourté mon repos de mi-journée.

Nizhny Novgorod est une ville superbe au confluent de la Volga et de l’Oka.

Je vous livre un peu en vrac quelques photos de la ville et on reparlera plus tard (car il est tard) de Michel Strogoff et de Jules Verne (dont vous allez voir le monument qui lui est dédié sur la première photo)

Statue de Maxime Gorky

Église Orthodoxe des malentendants

Le château (kremlin) de N. Novgorod

La rue piétonne du centre historique :

Demain au programme de mes « aventures » : comment traverser la Volga avant 8H du matin… sachant que le ferry normalement dévolu à cette activité ne commence sa saison que le 29 Mai !

🧐

J 03 de Vladimir à Ilevniki

Après que Griecha m’ait prévenu que la route jusqu’à Nijni Novgorod avait beaucoup de dénivelés, je commençais à craindre un peu pour cette journée nettement plus longue que les précédentes…

Le départ de Vladimir de bonne heure était vraiment sympa : peu de monde, belle lumière et donc quelque photos des édifices croisés sur mon parcours

Tout d’abord la majestueuse avenue Lénine, quasiment déserte

Puis une petite basilique (Archange Michael)

et un bâtiment administratif

Plus loin la Porte Dorée

Puis la Cathédrale de l’Assomption dédiée au Prince Vladimir le Rouge (fondateur de la ville) et à Saint Théodore

La vue sur la ville y est, paraît-il, magnifique mais le reporter de service aujourd’hui doit avancer un peu…

Au passage quand même un petit arrêt pour admirer la Cathédrale Sobor Bogolyubskoy qui est considérée comme un lieu incontournable à visiter.

Je l’ai, malgré tous ces conseils, contournée et pas visitée… la route m’appelle.

D’après mes calculs 130 km à parcourir avec quelques grimpettes sympathiques qui commencent avant la sortie de Vladimir. Mais là pas de souci : les avenues sont larges, il n’y a pas de circulation. Donc une sortie de Vladimir dans la bonne humeur d’un samedi matin ensoleillé.

Et la bonne humeur continue avec 40 kilomètres sur une route nationale des plus sympathiques : bordée d’une belle forêt, pas trop de voitures, pas le moindre camion à l’horizon … je commençais à regretter de ne pas avoir débuté mon parcours à Vladimir !

Mais au kilomètre 41, changement de programme : on rejoint l’autoroute M97 qui contourne Vladimir et on retrouve nos amis les routiers 🤪. Je ne vous refais pas le topo sur l’accotement : rien de nouveau sous le soleil de Vladimir… si ce n’est que ça dure plus longtemps, que le vent de face est plus violent (les poubelles des stations service s’envolent !) et qu’il y a plus de montées. Et moi j’avale de la poussière par tous les pores de ma peau.

Autant vous dire que quand je suis arrivé à l’hôtel après 132 kilomètres, ça n’est pas la petite passerelle à emprunter qui pouvait m’arrêter

Et pourtant elle était raide et le vélo chargé bien lourd

Et ne me dites pas que j’aurais pu enlever les sacoches pour faire, en plusieurs trajets, un travail moins stupide que Sisyphe… j’étais trop pressé d’aller prendre une douche à la fois méritée et indispensable vu mon état pitoyable.

Au total 10H20 de trajet pour 132 kilomètres avec pas mal de pauses quand même pour nourrir et hydrater mon moteur 😛

Et demain pour repartir j’emprunte la même passerelle…’😥😰😱

Mais demain j’arrive à Nijni-Novgorod sur les traces de Michel Strogoff dont je vous rappellerai les aventures!

J 02 Vladimir

Encore un départ matinal qui m’a permis de profiter de conditions sympas en début de matinée. Le vent s’est levé vers 11H.

Prendre l’autoroute en vélo ne présente pas que des avantages… il faut éviter de se rapprocher de trop près des voies de circulation. Et ne pas s’aventurer trop loin sur l’accotement pour 2 raisons :

  • Beaucoup de sable, ce que le vélo n’aime pas du tout avec son chargement
  • Du verre partout. Il doit y avoir pas mal de bouteilles qui passent par la fenêtre et atterrissent sur cette pseudo bande d’arrêt d’urgence.

Donc je zig-zag du côté macadam de l’accotement, au côté sable, un œil sur mon petit rétro pour surveiller mes arrières et un œil pour repérer les morceaux de verre, ressorts, écrous ou ornières remplies de sable ou nids-de-poule.

Mauvaise surprise peu après le départ : une zone de travaux avec basculement de chaussée. Évidemment trop étroit pour que je reste sur la seule voie de circulation au risque de créer un bouchon derrière moi. J’ai donc bifurqué sur l’autre accotement, profitant d’une accalmie de circulation en sens inverse et j’ai commencé à rouler à contre sens sur la bas-côté qui était rempli d’ornières causées par les engins qui avaient dû circuler dessus. Qui dit ornières dit sable, donc vélo immaneuvrable : on descend et on pousse à pied. Heureusement je suis arrivé à une route perpendiculaire et 200 m plus loin un chemin forestier carrossable parallèle à ma route. Ça m’a permis d’arriver deux kilomètres plus loin dans une cité un peu délabrée pour faire la jonction avec l’autoroute.

Le reste du trajet s’est déroulé sans incident :

Pause déjeuner dans un routier dont le seul mérite restera le prix réduit du repas

Pour terminer par une arrivée à Vladimir digne du Tour de France

Le panneau et la montée sont bien réels mais à mon avis le chiffre sur le panneau est largement exagéré.

En arrivant à Vladimir mon Couch-surfeur m’a communiqué son adresse mais en me disant qu’il arriverait vers 20H.

Ça m’a largement laissé le temps de ne pas trouver l’adresse, puis de la trouver, puis de faire des courses pour demain matin, avant qu’il me prévienne que sa compagne était à l’appartement.

Je suis donc installé ce soir chez Griecha (Grégory) et son amie Iulia (Julie).

Le programme de la soirée n’est pas fixé car Griecha va arriver plus tard que prévu… donc incertitude sur l’organisation du dîner mais tout ça va se mettre en place, je le sens !

Une petite vidéo de leur quartier

Et entre temps c’est décidé : on attend Griecha pour aller dîner à l’extérieur.

👍

Maintenant je vais jeter un œil à mon trajet de demain…

Prévu 123,5 km… bon il faut espérer qu’il n’y aura pas trop de montagnes russes. L’hôtel est réservé : une chambre à 10€… ça va être cool !

Une ligne droite de chez droite sur les 2/3 du trajet… pas un virage. A défaut de virages j’aurais peut-être droit à des mirages ? A part la voie ferrée qui traverse les Landes (et qui servait aux records de vitesse des locomotives avant le TGV) on n ‘a pas beaucoup de voies rectilignes comme ça dans l’Hexagone.

J 01

Ça y est je me suis extirpé de Moscou et la journée s’est passée un peu plus dans la verdure.

Parti de bonne heure (6H50) je suis aussi arrivé à la destination prévue à midi et demi.

Donc une courte journée de vélo mais les 80 km ont été faits sans grande difficulté.

J’ai trouvé ma place sur le bas-côté de la route et les camions ont la bonne idée de s’écarter.

Une zone de travaux m’a obligé à bifurquer de ma route et à emprunter un chemin de traverse qui m’a amené dans un terrain militaire (?) abandonné ou au moins désert, à part quelques voitures garées près des bâtiments. Grâce au GPS je suis revenu sur la route principale en passant par des sentiers en sous-bois.

Ensuite traversée de Noginsk où la rue principale a des allures de far-west

A la sortie de la ville un vétirable passage à niveau et des trains qui roulent (pas de grève SNCF)

Petit casse croute sur le bord de la route :

Et enfin l’arrivée à l’hôtel Terem à Nargoye-Kirzhach

Hébergement presque de rêve à l’écart de la route, dans la verdure et tout confort !

Demain arrivée à Vladimir où je suis attendu par mon hôte couch-surfer