J 059 – J 060 En route vers Oulan-Bator

Mardi 10 et Mercredi 11 Juillet 2018

Départ de l’hôtel du Gentil Chat vers 10H et, sur le chemin de la gare, je photographie une vieille maison en bois, typique d’Irkoutsk :

Puis je descends les escaliers qui mènent à la gare :

A 10H45 le train entre en gare :

La porte de tous les wagons s’ouvrent au même moment et toutes les проводница (provodintsa, la contrôleuse) essuient méticuleusement les deux mains courantes avant de déployer l’escalier qui permet de monter ou descendre de leur wagon.

Mon billet et mon passeport sont vérifiés avant de monter et on m’installe dans un compartiment où je vais être tout seul. Pas de chance, je voulais bavarder. Il me restera le couloir.

A l’heure pile le train quitte la gare.

Deux heures plus tard le train a fini sa traversée des montages au sud d’Irkoutsk après des lacets incessants :

Et il rejoint la côte Sud et orientale du Baïkal dans le secteur de Slioudianka

Puis j’ai la visite dans mon compartiment de ma voisine d’à côté. Je lui ai dit « pardon » en français alors qu’elle passait dans le couloir et que je gênais son passage. Elle en a déduit fort logiquement que j’étais francophone car Ala (Алла) est une Bélarus qui vit à Forbach, en Lorraine, où elle donne des cours de Russe.

Nous faisons connaissance et elle m’explique qu’elle se rend à Ivolguinsk, un village à une quarantaine de kilomètres d’Oulan-Oude.

C’est l’endroit où est conservée la momie du Lama Itigilov depuis 1927.

Le Lama avait demandé à être exhumé 50 ans après sa mort ce qui a été fait en secret en pleine période communiste en Russie.

Le corps du Lama a été trouvé en parfait état, cheveux et ongles toujours en train de pousser, température du corps à 36°…

Pour les boudhistes il n’est pas mort mais a atteint le stade ultime de la méditation.

Il est donc vénéré et quatre fois par ans il est sorti de son sarcophage et on peut s’approcher de lui et même, pour quelques heureux élus, le toucher.

Des études scientifiques ont été menées sur son corps et, apparemment le Lama prenait, de son vivant, des quantités importantes de bromes (sels de bromure) qui auraient entraîné une protection de ses cellules contre la putréfaction des chairs et des organes.

Mais une part de mystère subsiste encore…

En attendant Ala m’initie (un peu) aux mystères des déclinaisons russes (nonobstant les génitifs et autres accusatifs…) quand on dénombre des objets :

Один блин ( 1 blin) une crêpe

два блина (2 blina) deux crêpes

три блина (3 blina) trois crêpes

четыре блина (4 blina) quatre crêpes

пять блинов (5 blinof) cinq crêpes

блины (blini) plusieurs crêpes

J’adorrre блины сгущенное (les crêpes au lait concentré) !

Merci pour le cours de Russe Ala ! Et bon voyage.

Le trajet se poursuit en traversant des petites gares typiques

Ou parfois modernisées :

Puis c’est l’arrivée à Oulan-Oudé

Je me précipite à l’hôtel pour un dîner rapide afin de regarder le match France-Belgique.

Pendant le repas je prends conscience que le match est joué à 20H45 heure de Saint Petersbourg, soit 01H45 du matin ici… j’ai largement le temps de me préparer à être le seul supporter de l’équipe de France dans les environs d’Oulan-Oude

Ça me laisse aussi le temps de vérifier mon billet de train pour demain et m’apercevoir que lui aussi est à l’heure de Moscou pour le départ d’Oulan-Oude (et à l’heure locale d’Oulan-Bator pour l’arrivée)

Mon train qui est indiqué à 10H45, part en fait à 15H45… j’aurai le temps de faire la grasse matinée !

Après une courte nuit (compensée par la victoire des Bleus), je vais visiter sous la pluie, malheureusement, Oulan-Oudé

Lénine n’est pas « en pied » mais à attrapé la grosse tête ici.

En face de la gare une locomotive qui a dû avoir son heure de gloire sur la ligne du Transsibérien.

Arrivé l’heure du départ avec un train parfaitement à l’heure

Les ours me regardent monter dans mon compartiment où je dois passer les quinze prochaines heures :

Le train est composé de voitures un peu âgées mais tout semble entretenu et briqué avec soin.

Sortie du train en gare d’Oulan-Oude

Le paysage est toujours le même

Le trajet se déroule paisiblement. Un peu de conversation avec des voisins italiens qui vivent à Zürich, soupe chinoise achetée avant le départ comme repas…

À vingt et une heures nous arrivons au poste de contrôle russe de la frontière Russo-Mongolie.

Passeport, bagages…

Le train repart, il s’arrête au poste frontière mongole.

Bagages, passeport…

Une policière tirée à quatre épingles vient me tirer de ma torpeur : « Follow me please ».

Je me retrouve sur le quai, à la lumière blafarde de réverbères, sous la bruine. Sur le quai, des militaires sont alignés, kalachnikov en mains, un devant chaque wagon, à trois mètres de chaque porte.

Avant d’arriver au poste frontière la provoditsa est venue fermer les rideaux des compartiments, donc c’est la surprise totale pour moi.

A part les militaires et ma « gardienne » qui me précède en serrant sous son bras son petit porte-documents, personne sur ce quai immense. En tout cas je suis le seul civil…

Nous nous dirigeons vers un grand bâtiment. Les soldats ne bougent pas d’un poil, leur arme braquée vers le train.

Je me demande ce qui va m’arriver et je repense aux films d’espionnage de ma jeunesse…

En fait mon visa Mongole, fait a Irtkoutsk, ne leur convient pas. Pour une raison inconnue il faut le refaire. Heureusement que j’ai fait trois photos d’identité à Krasnoïarsk, il m’en reste deux. Dix minutes et 300 roubles plus tard j’ai un nouveau visa et le précédent reçoit un tampon « VOID« .

Retour au train avec un autre ange gardien et je réintègre mon compartiment.

Je peux me vanter d’avoir mis un Transmongolien en retard : le train arrivera à Oulan-Bator avec 10 minutes après l’heure prévue.

Il est minuit passé quand nous repartons. C’est l’extinction des feux.

À bientôt pour l’arrivée à Oulan-Bator !

10 réflexions sur « J 059 – J 060 En route vers Oulan-Bator »

  1. Quelle aventure ce passage de frontière ! Heureusement tu as l’habitude de garder ton sang froid face aux fonctionnaires des douanes un peu zélés 🙂 (cf l’Algérie)

    J'aime

      1. J’ai essayé de lui chanter « Elle vendait des p’tits gâteaux… » mais j’avais oublié les paroles !
        Je ne sais pas si on ne pourrait pas rebaptiser le « Paris – Roubaix » en « Cyclade des Hauts de France », ça sonne bien je trouve.

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