J 042 Atchinsk – Krasnoïarsk Aéroport

Vendredi 22 Juin 2018

Un petit retour en arrière pour vous livrer une co-traduction du petit mot manuscrit qu’avait rédigé la patronne du Café Fortuna :

« Nous sommes heureux que vous ayez pris le petit déjeuner chez nous. Kafé Fortuna, 400kms Autoroute fédérale Kuzbass. District de Tcheboulinskyi, le lieu de naissance des dinosaures. Bon voyage »

(Traduction assurée par Valeria Jansen et Anne Beaurin)

Le lieu de naissance (ou la patrie) des dinosaures… ça fait un peu rêver ! J’aurais fait ce voyage il y a quelques millions d’années, je vous aurais raconté Jurassic Parc.

Ce matin je ne me presse pas trop : il me reste environ 170 km à faire en 2 jours. Je prends le temps de repasser quelques vêtements , de ranger mes affaires proprement, de préparer un petit déjeuner dans ma chambre…

Ensuite une photo de l’ours devant l’hôtel M53 (ours qui me plait mieux que ces pauvres bêtes en cage…)

La sortie d’Atchînsk se fait sans problème : la ville est une succession d’usines métallurgiques ou d’activités connexes. Cela me rappelle mon enfance dans la fonderie où travaillait mon grand-père (qui aurait certainement fait ce voyage en vélo sans la moindre difficulté et avec grand plaisir).

Évidemment la ville étant en bordure du fleuve… il faut remonter pour sortir de la ville. Ça grimpe bien !

Arrivé sur le plateau je découvre l’aéroport d’Atchinsk : je ne sais pas s’il y a du traffic régulier, mais je découvre une espèce de musée de l’aviation :

Il y a un petit jet d’Aeroflot à côté de biplans… il y a aussi des carlingues sans ailes.

Plus loin ça monte encore et j’arrive dans un meeting aérien… d’oiseaux de proie !

Je continue ma route tranquillement jusqu’à ce que j’arrive sur un chantier de rénovation de la route avec voie unique et feu de trafic alterné.

Comme d’habitude et en bon cycliste je passe les camions et voitures qui attendent que le feu passe au vert… et je comprends que je ne vais pas pouvoir passer ! Il y a juste une largeur de camion et si je m’engage le premier je vais bloquer tout le monde derrière moi. Si j’attends que tout le monde soit passé je n’aurais pas le temps de passer et je vais me retrouver face aux véhicules venant en sens inverse.

J’ai donc le choix entre me faire écraser par l’arrière ou par l’avant 😬.

Je décide de passer à pied de l’autre côté des plots en béton, sur le talus de soutènement.

C’est bien mais mon vélo glisse inexorablement vers le bas du talus édifié pour franchir une rivière. Je suis donc coincé en bas avec mon vélo…

Heureusement je me souviens que j’ai été sherpa dans une vie antérieure : je devais mes sacoches et en deux voyages je les porte 50 m plus loin. Ensuite c’est au tour du vélo.

Une petite demi-heure pour franchir ces 300 mètres de travaux, je m’en sors bien.

Il n’est pas 10 heures. Je commence à me dire que je peux peut-être arriver à Krasnoïarsk dans la journée.

Il suffit de pédaler un peu plus longtemps pour faire les 175 km 🤓

Je grignote en roulant, je réduis mes pauses et j’avance pas trop mal, malgré des montées à 6, 7 et même 11% (si on croit le panneau…)

Je continue à faire fondre mes réserves de graisse…

En début d’après-midi je tombe sur un loup, mort, visiblement heurté par un véhicule

Un peu plus loin, au niveau de Kemchug, des étals d’animaux empaillés se succèdent au bord de la route : ours, renards, oiseaux de proie.. des voitures s’arrêtent pour faire une photo des enfants à côté d’un ours (ça ne doit pas être évident d’acheter un ours empaillé et de l’installer comme passager supplémentaire dans la voiture).

Je continue d’avancer.

Sur le bas-côté où je circule c’est une hécatombe de papillons blancs.

Je ne sais pas s’ils heurtent les camions ou s’ils meurent après s’être accouplés mais le sol est moucheté de ces petites fleurs blanches qui sont ballottées par le vent et le souffle des camions.

Dans un café on m’indique un hôtel « bol’shoy » 20 kilomètres plus loin. Quand j’y arrive je suis tout de suite séduit par un belle bâtisse avec des rondins, un petit jardin, des brochette qui commencent à griller. A l’intérieur c’est une exhibition de gâteaux crémeux, chocolatés qui font envie après une journée à pédaler sous le soleil.

Sans parler de la perspective d’une bonne douche.

Quand je demande une chambre, c’est nietto.., pas d’explication. Un client qui m’a déjà questionné sur mon voyage (et qui me dit être parti de Tcheboksary pour aller au Cambodge et au Vietnam en vélo en suivant la même route que moi) essaie de plaider ma cause, rien à faire. Non c’est non.

Je demande s’il y a un hôtel pas trop loin ? Là aussi c’est niet.

Bon je vais me débrouiller… je suis à côté de l’aéroport et mon GPS Garmin me dit qu’il y a un hôtel. Sinon je continue jusqu’à Krasnoïarsk.

Je bifurque vers l’aéroport (et je loupe un Motel à peine 150 mètres après cette bifurcation si j’étais allé tout droit… Laurent me le fera remarquer plus tard).

Mais 5 kilomètres plus loin j’arrive à l’aéroport international Iemelianovo de Krasnoïarsk. Et l’hôtel est là, moderne et confortable.

J’en profite car la semaine prochaine, jusqu’à Irtkousk ça risque d’être camping tous les soirs.

Aujourd’hui j’ai fait 144 kilomètres et il m’en reste 25 pour Krasnoïarsk, donc un peu de repos demain matin pour arriver vers midi.

A demain pour une visite de Krasnoïarsk !

11 réflexions sur « J 042 Atchinsk – Krasnoïarsk Aéroport »

  1. A chaque jour, de nouvelles surprises mais aujourd’hui, tu as fait fort surtout sur les Km.
    La fonderie de ton grand-père (mon père) n’était pas un grand complexe industriel, loin s’en faut, mais peut-être que « petit » (oui tu as été petit) elle te paraissait beaucoup plus grande.
    Bises et bonne route.

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    1. La réponse à votre message a malencontreusement disparu pendant que j’essayais avec Anne au téléphone Whatsapp de comprendre une employée des chemins de fer russes qui m’a vendu un billet Oulan-Oude /Oulan-Bator et refusait de me vendre le retour. L’intervention d’Anne m’a permis de comprendre que je pourrais (peut-être) acheter le billet retour sur place… hum hum 🤔.
      Donc je répondais à votre message pour dire qu’effectivement mon regard d’enfant a certainement fait un effet de loupe sur la fonderie Boyer (je voulais d’ailleurs demander à Maman ou à toi de me faire un historique de sa création, qui étaient ses clients, me parler de M. Fabre (si c’est bien comme ça que s’appelait cet employé qui tremblait comme une feuille mais écrivait d’une plume assurée et reliait les journaux comptables sous une presse avec de la colle sur la tranche). Quant à Pépé Gibon, j’y pense souvent pendant ce périple, lui qui allait, dans sa jeunesse, à pied de Louvroil à Mons pour boire un demi. 23 kilomètres aller et 23 kilomètres retour, il la méritait sa bière (et j’espère une seconde, une fois rentré à Louvroil)😜

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  2. Magnifiques photos…Même si je n’aime pas voir celle du loup mort ! Ni celle de l’ours en cage. Pauvres bêtes ! Oui je sais, j’ai tendance à avoir beaucoup de compassion pour les animaux …En tous les cas, toi tu n’en n’as pas ( trop ) besoin car tu es toujours aussi fringant qu’au premier jour de ton périple….Bravoooooooooo.
    Bon vent et belle journée.
    Bisesssssssssssss

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    1. J’avoue que ça fait quelque chose de voir un loup sauvage… même couché au bord de la route ça reste un animal majestueux.
      Quant à la forme, c’est normal : je m’entraîne régulièrement en ce moment 😜

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  3. J’ai bien aimé ta vidéo d’un papillon blanc qui bat de ses ailes avant de mourir. Tu vas pouvoir publier ce roman d’aventures palpitantes qui est de plus très bien écrit. Bonne continuation.Alain

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  4. Stéphane,
    Merci pour les explications quotidiennes très intéressantes sur ton périple .
    Sache que tu es souvent un sujet de conversations ….car ton exploit est remarquable .
    Hier, c’est avec Étienne Motte (Ex Cepi) qui baptise notre petite fille que nous avons parlé de toi..!
    Sache qu’il a une pensée pour toi et qu’il m’a chargé de te le dire .
    Bon courage !

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  5. Merci Pierre-Albert de faire le lien avec Etienne… je lui envoie mon salut amical depuis Krasnoïarsk. Les routes sibériennes me permettent d’exercer quelques muscles mais laissent libre-cours à mon imagination et mes rêveries de cycliste solitaire. Le temps passe vite… trop vite ! J’aimerais ralentir l’allure (pourtant escargotesque par moments !) pour mieux profiter du voyage, noter les pensées fugaces, les anecdotes insignifiantes, en un mot remplir ma besace… jusqu’au prochain voyage ! En parlant d’anecdote insignifiante, j’ai traversé l’autre jour un village qui s’appelle Bogdanof. Bien évidemment j’ai pensé aux deux frères ; et quelques jours plus tard, j’entends parler d’eux sur les fils d’info français. Je me demandais en traversant ce village si c’était un berceau familial, s’ils y étaient déjà venus…
    Bon weekend à toi et à Odile !

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