Irkoutsk

C’est « la » ville du Baïkal.

Maquette du Baïkal, Irkoutsk se trouvant au Sud-ouest du lac.

Plan en bronze de la ville en 1900-1910 sur la place Kirov au centre d’Irkoutsk

Le lac, immense réserve d’eau douce grand comme la Belgique (😜), se déverse dans une seule rivière : l’Angara.

C’est sur ce fleuve que des cosaques ont installé un campement, entouré de palissades qui sont devenues les murs d’un kremlin (château), autour duquel se sont installés les trappeurs de zibeline qui ont fait la première richesse de la ville.

Monument à la gloire des cosaques d’Irkoutsk, personnifiés par leur chef, Yakovu Pohabovu.

Au début du vingtième siècle l’arrivée du Transsibérien a consolidé cette position de capitale de la Sibérie orientale qu’occupe toujours Irkoutsk.

Entre-temps la ville avait servi d’exil aux Décembristes (ou Décabristes).

Pour faire court ce sont des nobles russes qui ont fomenté un coup d’état en décembre 1824.

Ils ont échoué et une centaine d’entre eux ont été déportés en Sibérie à Irkoutsk et à Tchita.

Ils ont purgé une peine de 10 ans de travaux forcés dans les mines de sel.

Et ensuite 20 ans d’exil. Les survivants ont été amnistiés en 1854 par le tsar suivant.

Les décembristes étaient des nobles de haut rang et ils ont continué à être aidés par leurs familles restées à St Petersbourg et surtout très bien accueillis par la population d’Irkoutsk qui était favorable aux idées progressistes.

Trois maisons typiques d’Irkoutsk ayant appartenu à des Décembristes :

Ils ont beaucoup fait pour l’essor d’Irkoutsk sur un plan culturel.

S’y ajoute un côté plus romantique avec les épouses et les fiancées des déportés qui les ont rejoints. « Une » decembriste signifie pour les russes une femme qui suit son mari dans les difficultés.

C’est pour ça qu’il y a une statue qui leur rend hommage à Irkoutsk.

La ville sous leur impulsion est devenue un centre culturel important en Sibérie (musique, salons littéraires , bibliothèques) et l’éducation des enfants a été un des apports majeurs des épouses de Décembristes.

Des institutrices les ont assistées pour apporter le savoir aux enfants d’Irkoutsk qui, reconnaissants, ont érigé une statue en l’honneur de leurs maîtresses d’école :

La ville d’Irkoutsk contraste par sa circulation, ses tramways bringuebalants aux couleurs vives et bruyants avec le calme des berges de l’Angara qui décrit une boucle majestueuse autour de la ville. Pêcheurs, promeneurs se retrouvent nonchalamment sur les bords de cette rivière à la taille et au tempérament d’un fleuve.

Les édifices religieux, utilisés comme appartements collectifs ou entrepôts à l’époque soviétique, ont été sauvés de la destruction pour certains d’entre eux par la directrice de l’architecture à Moscou qui a décidé, courageusement, de les faire restaurer.

L’église Saint Sauveur est l’exemple de ce sauvetage in extremis d’un monument exceptionnel car le seul ayant des fresques sur ses murs extérieurs.

L’intérieur de cette église est totalement vide et blanc.

C’est la plus ancienne construction de pierre de la ville mais aussi de la Sibérie-Orientale. C’est aussi l’endroit où, il y a environ trois siècles, les cosaques ont fondé leur forteresse.

Juste devant cette église se trouve un monument dédié aux fondateurs de la ville d’Irkoutsk. Ici sont enfouis les ossements des 360 premier habitants d’Irkoutsk retrouvés pendant les fouilles archéologiques faites près de l’église du Saint-Sauveur.

Le circuit Circum-Baikal

Pour voir le lac, un petit voyage en train s’impose.

L’ancien tracé du Transsibérien, abandonné aujourd’hui pour un tracé plus direct, suivait autrefois l’Angara depuis Irkoutsk jusqu’au Baïkal que le train longeait ensuite sur soixante-dix kilomètres.

Ces soixante-dix kilomètres ont nécessité deux ans et demi de travaux, des ingénieurs venus d’Italie, d’Allemagne, des pays Scandinaves pour faire près de cinquante ponts et autant de tunnels.

Ce trajet, aujourd’hui abandonné pour le Transsibérien, reste utilisé par un train « des travailleurs » (qui circule quatre fois par semaine) et un train touristique qui circule chaque jour en saison touristique.

Le train des travailleurs étant finalement plus « couleur locale », ce sera notre mode de transport.

Au départ de la gare de Slyudyanka le quai et le train des travailleurs sont bondés de touristes !

Quasiment tous sont russes et vont quitter le train à un des quarante arrêts pour partir en randonnée pour quelques jours.

Au début du trajet le temps est un peu gris.

Puis le ciel se dégage est le lac trouve de belles teintes bleutées :

Le train se vide et se remplit au passage dans chaque arrêt.

A l’occasion d’un des arrêts de notre train, nous laissons passer le train touristique qui file à toute vapeur…

Enfin c’est l’arrivée à Port Baikal et la traversée de l’Angara pour rejoindre la petite ville touristique de Listvianka

Listvianka, village de villégiature pour les habitants d’Irkoutsk : station balnéaire en été et station de sports d’hiver en hiver.

Et maintenant la prochaine étape se trouve à trente heures de Transsibérien… Novossibirsk.

À bientôt !

Mongolie

Je vais juste partager avec vous quelques photos des prochaines étapes.

Commençons par la Mongolie…

La place Gengis Khan, centre d’Ulaanbaatar (le Héros Rouge, nom donné à la ville à l’époque de l’Union Soviétique)

A l’occasion des festivités du Naadam, retour aux sources pour les habitants de la ville qui retrouvent leurs tenues traditionnelles

Un temple bouddhiste inséré dans les immeubles du centre ville de U.B. (comme disent les habitants de la ville qui doivent trouver que « Ulaanbaatar » c’est trop long à prononcer)

Après la victoire de la France tout le monde félicite les champions du monde  !

Gengis Khan a eu droit à la plus grande statue équestre au monde…

Le parc national de Terelj a une quarantaine de kilomètres d’UB donne une image verdoyante de la Mongolie aux antipodes de l’image du désert de Gobi.

Temples, totems chamaniques, yaks jalonnent cette région touristique.

A U.B. nous retrouvons le premier touriste européen à avoir fait connaissance avec les Mongols

J 061 Oulan-Bator

Jeudi 12 Juillet 2018

Cinq heures quarante cinq… le jour se lève sur la steppe mongole

Les premières yourtes sont là !

Des troupeaux sillonnent cette vaste plaine

Arrivée à la gare d’Oulan-Bator à 7 heures, je décide de faire les 4 kilomètres jusqu’à l’hôtel à pied.

La ville semble bien endormie :

Je trouve l’hôtel à 50 mètres de la grande place Gengis Khan, point central d’Oulan-Bator

L’hôtel Urgoo (grande yourte mongole) me permet de déposer mon bagage, prendre un petit déjeuner, trouver un distributeur de billets :

Je suis donc paré pour appeler un taxi et aller chercher Anne à l’aéroport (Gengis Khan, évidemment).

L’avion qui l’a transportée de Nice à Oulan-Bator en passant par Istanbul et le Kirghizistan, arrive avec 5 minutes d’avance. Une demie-heure plus tard elle franchit le sas d’arrivée !

Ça fait quand même 61 jours que nous nous sommes quittés et nous nous retrouvons à des milliers de kilomètres de chez nous !

Le taxi nous ramène à l’hôtel et pendant qu’Anne se repose je pars à la recherche d’une carte téléphonique mongole.

Je suis obligé de traverser une bonne partie de la ville car beaucoup de boutiques sont fermées à cause de la fête nationale.

Je trouve mon bonheur dans un centre commercial et me voilà paré pour utiliser la 4G ou la 3G locale de l’opérateur Unitel.

Encore une photo, au passage, de la place Gengis Khan :

Anne un peu reposée nous partons à la découverte de la ville et de ses festivités du Naadam.

Parapluie à la main car le temps semble incertain.

Sur la place Gengis Khan il y a plus de monde. Les familles se font photographier en costume traditionnel :

Des enfants jouent partout :

Ils se laissent photographier sans difficulté. Leurs parents semblent fiers qu’on photographie leurs enfants.

À Ulaanbaatar la fête du Naadam est commencée depuis hier et se termine demain.

Aujourd’hui tout se concentre dans le stadium, à deux kilomètres au sud du centre ville.

La foule se presse aux alentours du stade.

Des petits stands de brochettes, d’oshurts (beignets à la viande) sont assaillis de tous côtés.

L’entrée du stade se fait avec des billets mais il n’y a pas de guichet : tout est vendu et à part la vente à la sauvette aucune chance d’accéder à l’intérieur et aux gradins :

A l’intérieur se déroulent les combats de lutteurs 🤼‍♂️.

Tant pis nous les verrons demain à 40 kilomètres d’Ulaanbaatar, en même temps que les courses de chevaux.

Ou même à la télé ou au moins six chaînes transmettent en direct les épreuves.

Nous assisterons ainsi à la remise du trophée au champion 2018 de la lutte à la télévision :

En plus des félicitations du jury le vainqueur reçoit un prix conséquent

Un beau 4×4 rutilant ! De quoi motiver pour les prochains combats…

En rentrant du stade un petit bonjour au tout premier touriste européen venu à Oulaanbaatar :

C’est grâce à lui que nos amis italiens sont devenus les rois de la pasta !

Je vais maintenant appuyer sur le bouton « pause » de ce blog… Les tribulations touristiques en Mongolie ne sont pas l’objet de ce blog et je reprendrai ma plume dès que je recommence mes « aventures » (!) cyclistes.

J’espère que vous serez plus patients que moi… car j’ai hâte de poursuivre mon voyage vers Vladivostok !

En tout cas merci de m’avoir accompagné jusqu’à maintenant et rendez-vous le plus vite possible sur le blog !

Avec toutes mes amitiés cyclistes !

Stéphane

J 059 – J 060 En route vers Oulan-Bator

Mardi 10 et Mercredi 11 Juillet 2018

Départ de l’hôtel du Gentil Chat vers 10H et, sur le chemin de la gare, je photographie une vieille maison en bois, typique d’Irkoutsk :

Puis je descends les escaliers qui mènent à la gare :

A 10H45 le train entre en gare :

La porte de tous les wagons s’ouvrent au même moment et toutes les проводница (provodintsa, la contrôleuse) essuient méticuleusement les deux mains courantes avant de déployer l’escalier qui permet de monter ou descendre de leur wagon.

Mon billet et mon passeport sont vérifiés avant de monter et on m’installe dans un compartiment où je vais être tout seul. Pas de chance, je voulais bavarder. Il me restera le couloir.

A l’heure pile le train quitte la gare.

Deux heures plus tard le train a fini sa traversée des montages au sud d’Irkoutsk après des lacets incessants :

Et il rejoint la côte Sud et orientale du Baïkal dans le secteur de Slioudianka

Puis j’ai la visite dans mon compartiment de ma voisine d’à côté. Je lui ai dit « pardon » en français alors qu’elle passait dans le couloir et que je gênais son passage. Elle en a déduit fort logiquement que j’étais francophone car Ala (Алла) est une Bélarus qui vit à Forbach, en Lorraine, où elle donne des cours de Russe.

Nous faisons connaissance et elle m’explique qu’elle se rend à Ivolguinsk, un village à une quarantaine de kilomètres d’Oulan-Oude.

C’est l’endroit où est conservée la momie du Lama Itigilov depuis 1927.

Le Lama avait demandé à être exhumé 50 ans après sa mort ce qui a été fait en secret en pleine période communiste en Russie.

Le corps du Lama a été trouvé en parfait état, cheveux et ongles toujours en train de pousser, température du corps à 36°…

Pour les boudhistes il n’est pas mort mais a atteint le stade ultime de la méditation.

Il est donc vénéré et quatre fois par ans il est sorti de son sarcophage et on peut s’approcher de lui et même, pour quelques heureux élus, le toucher.

Des études scientifiques ont été menées sur son corps et, apparemment le Lama prenait, de son vivant, des quantités importantes de bromes (sels de bromure) qui auraient entraîné une protection de ses cellules contre la putréfaction des chairs et des organes.

Mais une part de mystère subsiste encore…

En attendant Ala m’initie (un peu) aux mystères des déclinaisons russes (nonobstant les génitifs et autres accusatifs…) quand on dénombre des objets :

Один блин ( 1 blin) une crêpe

два блина (2 blina) deux crêpes

три блина (3 blina) trois crêpes

четыре блина (4 blina) quatre crêpes

пять блинов (5 blinof) cinq crêpes

блины (blini) plusieurs crêpes

J’adorrre блины сгущенное (les crêpes au lait concentré) !

Merci pour le cours de Russe Ala ! Et bon voyage.

Le trajet se poursuit en traversant des petites gares typiques

Ou parfois modernisées :

Puis c’est l’arrivée à Oulan-Oudé

Je me précipite à l’hôtel pour un dîner rapide afin de regarder le match France-Belgique.

Pendant le repas je prends conscience que le match est joué à 20H45 heure de Saint Petersbourg, soit 01H45 du matin ici… j’ai largement le temps de me préparer à être le seul supporter de l’équipe de France dans les environs d’Oulan-Oude

Ça me laisse aussi le temps de vérifier mon billet de train pour demain et m’apercevoir que lui aussi est à l’heure de Moscou pour le départ d’Oulan-Oude (et à l’heure locale d’Oulan-Bator pour l’arrivée)

Mon train qui est indiqué à 10H45, part en fait à 15H45… j’aurai le temps de faire la grasse matinée !

Après une courte nuit (compensée par la victoire des Bleus), je vais visiter sous la pluie, malheureusement, Oulan-Oudé

Lénine n’est pas « en pied » mais à attrapé la grosse tête ici.

En face de la gare une locomotive qui a dû avoir son heure de gloire sur la ligne du Transsibérien.

Arrivé l’heure du départ avec un train parfaitement à l’heure

Les ours me regardent monter dans mon compartiment où je dois passer les quinze prochaines heures :

Le train est composé de voitures un peu âgées mais tout semble entretenu et briqué avec soin.

Sortie du train en gare d’Oulan-Oude

Le paysage est toujours le même

Le trajet se déroule paisiblement. Un peu de conversation avec des voisins italiens qui vivent à Zürich, soupe chinoise achetée avant le départ comme repas…

À vingt et une heures nous arrivons au poste de contrôle russe de la frontière Russo-Mongolie.

Passeport, bagages…

Le train repart, il s’arrête au poste frontière mongole.

Bagages, passeport…

Une policière tirée à quatre épingles vient me tirer de ma torpeur : « Follow me please ».

Je me retrouve sur le quai, à la lumière blafarde de réverbères, sous la bruine. Sur le quai, des militaires sont alignés, kalachnikov en mains, un devant chaque wagon, à trois mètres de chaque porte.

Avant d’arriver au poste frontière la provoditsa est venue fermer les rideaux des compartiments, donc c’est la surprise totale pour moi.

A part les militaires et ma « gardienne » qui me précède en serrant sous son bras son petit porte-documents, personne sur ce quai immense. En tout cas je suis le seul civil…

Nous nous dirigeons vers un grand bâtiment. Les soldats ne bougent pas d’un poil, leur arme braquée vers le train.

Je me demande ce qui va m’arriver et je repense aux films d’espionnage de ma jeunesse…

En fait mon visa Mongole, fait a Irtkoutsk, ne leur convient pas. Pour une raison inconnue il faut le refaire. Heureusement que j’ai fait trois photos d’identité à Krasnoïarsk, il m’en reste deux. Dix minutes et 300 roubles plus tard j’ai un nouveau visa et le précédent reçoit un tampon « VOID« .

Retour au train avec un autre ange gardien et je réintègre mon compartiment.

Je peux me vanter d’avoir mis un Transmongolien en retard : le train arrivera à Oulan-Bator avec 10 minutes après l’heure prévue.

Il est minuit passé quand nous repartons. C’est l’extinction des feux.

À bientôt pour l’arrivée à Oulan-Bator !

J 058 Retour d’Olkhon à Irkoutsk

Lundi 9 Juillet 2018

Réveil un peu plus tôt ce matin : j’ai rendez-vous devant le supermarché de Khouzir à 9H30 pour partir en minibus vers Irtkousk.

Ranger les sacoches et replier la tente demande un peu de temps.

J’essaie de faire aussi vite que Trien qui a décidé, elle aussi, de trouver un bus pour retourner à Irtkousk.

Peine perdue : elle a terminé de ranger ses affaires, replier sa tente et tout charger sur son vélo 10 bonnes minutes avant moi.

Petit déjeuner sans trop de monde pour nous déranger… c’est plutôt nous qui devons déranger les dormeurs qui n’ont pas l’air pressés de se lever ce matin.

Je chuchote un au revoir à Pacha qui semble réveillé dans sa tente. Il me répond « Good luck Stéphane ! »… merci Pacha 😊👍

En partant Trien dévale la pente comme si elle faisait une course VTT… ses freins ont dû lâcher ? Non elle veut faire une photo de moi « en action » ! Pas de chance car j’avais aussi lâché les freins pensant ramasser les morceaux de Trien éparpillés par terre au milieu de la rue. Donc la photo live se transforme en photo-pause.

Nous passons au bureau des bus et malgré la gentillesse de la jeune fille qui assure la vente des billets il n’y a pas de place dispo pour Trien…

Elle me dit qu’elle va rouler jusqu’au ferry et faire du stop. Je me dis qu’avec son vélo ça ne va pas être évident de trouver un co-voitureur !

Allez nous allons demander à mon chauffeur si un passager et un vélo de plus….

A 9H15 il arrive et tout de suite dit que c’est OK.

Le chargement des vélos sur le toit du minibus tient du grand n’importe quoi : je suis convaincu qu’ils ne resterons pas 500 mètres sur ces pistes chaotiques 😬

Il faut croire que je suis pessimiste car après les 35 kilomètres jusqu’au ferry les vélos sont toujours là haut.

Trien monte sur le toit pour enlever ou mettre une sacoche et se fait tancer par le commandant du ferry.

Ça ne l’empêche pas de rester de bonne humeur

(C’est peut-être parce qu’elle un morceau de fromage à la main… elle adoooorre le fromage !).

Nous retrouvons un des membres du campement qui prend la pose au moment de la prise de vue :

Nous quittons Olkhon :

La traversée se fait sans anicroche et après la piste en terre nous allons retrouver le goudron.

Avant d’arriver à Irkoutsk j’ai quand même réussi à convaincre Trien de ne pas planter sa tente dans un jardin public d’Irkoutsk 🤓.

Les places dans le dortoir sont à 600 roubles (8€ environ), c’est raisonnable même si son budget journalier est de 10€.

Une fois arrivé à l’hôtel je fais un grand rangement de mes affaires pour n’emporter à Oulan-Bator que le strict nécessaire.

Je remise le vélo dans la bagagerie de l’hôtel. Il va m’attendre jusqu’au retour d’Oulan-Bator.

Trien est partie faire réparer la prise USB de son GPS.

Elle revient avec spaghetti, légumes verts, tomates. Elle prépare le repas sans attendre 5 minutes… quelle énergie !

L’ambiance est sympathique dans la cuisine de l’hôtel. Nous faisons connaissance de nos voisins et voisines : chinois, laotiens, thaïlandais, c’est un vrai caravansérail !

Une jeune laotienne (ou thaïlandaise ?) part pour Moscou, Prague, Bruges, Barcelone, Venise et Paris.

Son mari va la rejoindre à Barcelone et ils vont, à partir de cette ville, faire leur voyage de noces ! Vive la mariée !

Nous restons un bon moment à discuter tous les trois dans la cuisine et il est plus de minuit quand nous regagnons le dortoir où tout le monde dort déjà à poings fermés.

Demain matin pour moi un saut de puce de 550 km en Transsibérien pour rejoindre Oulan-Oudé.

Trien reste à Irkoutsk un jour encore avant de prendre elle aussi le Transsibérien mais en direction de Moscou pour la suite de son voyage à vélo…

Si vous voulez suivre son blog :

https://trientrapt.com

(Trien trapt = Trien pédale)

Hasta la vista chers lecteurs !

J 057 Olkhon : rencontre avec Trien…

Dimanche 8 Juillet 2018

Après la sieste forcée sous la tente je vais me dégourdir les jambes dans Khouzir.

Dans la rue principale je vois un vélo aux allures de requin

Ça n’est pas un vélo ordinaire : il semble fait pour la randonnée mais dans un style vraiment « baroudeur ».

Poussé par la curiosité je rentre dans le café devant lequel est garé ce vélo.

Au fond de la salle un casque de cycliste est posé sur une table où une jeune femme est en train d’écrire sur un ordinateur portable.

Je m’approche et je lui demande si c’est son vélo qui est garé dehors. Elle confirme.

Je lui explique en deux mots que je suis moi aussi randonneur en vélo et je lui demande d’où elle vient.

Là ça devient compliqué car son périple est totalement démentiel : Trien (prononcez « Trrinn ») Pauwels est partie de Belgique il y a bientôt deux ans et demi et elle a traversé en vélo je ne sais combien de pays.

Ce n’est plus la peine de compter les kilomètres à ce stade là : vingt mille, trente mille… c’est la nature de son projet qui force l’admiration ! Trien avance en collectant des fonds pour UNICEF et WWF.

Nous parlons « vélo », « voyages », « rencontres »…

Trien vient de Corée du Sud. Elle a pris un ferry jusqu’à Vladivostok. Là-bas elle a logé chez un hôte Warmshowers. Puis elle est venue en train jusqu’à Oulan-Oudé (qui devait être ma prochaine grande étape en vélo et où je me rends mardi en train).

Elle a fait le trajet (qui fait un peu moins de cinq cent kilomètres par la route directe) en passant uniquement par de pistes ! J’ai vu quelques photos… impressionnant. Des journées de 25 kilomètres en poussant le vélo dans 30 cm d’eau et de boue. Un truc de ouf comme diraient les jeunes.

Trien n’est pas une frêle jeune femme : elle avoue avoir 44 ans depuis peu (le 29 Juin) et a hérité de sa Flandres natale une bonne constitution.

Mais quand même : elle voyage avec trois fois rien, dort sous la tente tous les jours, endure la pluie, les bestioles qui piquent, sans broncher.

Elle se nourrit de flocons d’avoine, de fruits secs et… d’eau (elle est végétarienne et veut devenir vegan).

Bon certes elle a de l’entraînement sur son vélo: Amérique du Sud, Turquie, Inde, Népal, Tibet, Viet-Nam, Corée du Sud, Islande, Europe, Russie… mais quand même.

Je pense que j’ai rencontré une grande dame du cyclotourisme et de l’humanitaire.

En plus de l’UNICEF et de WWF, elle a lancé un nouveau projet pour aider à la scolarisation des jeunes filles au Népal.

Elle est arrivée sur Olkhon depuis Irkoutsk en minibus (comme moi) ce qui me retire un petit complexe. Mais elle a débarqué après la traversée du ferry et est venue en vélo jusqu’à Khouzir, toujours en empruntant des pistes secondaires.

Et en cette fin de journée elle s’est arrêtée pour recharger ordinateur et téléphone et manger un petit peu.

Elle va aller planter sa tente en camping sauvage.

Je lui propose une solution intermédiaire en s’installant dans notre campement un peu organisé.

Cette solution lui convenant je la guide jusqu’à la maison et l’église de Sergey.

Comme il n’est pas chez lui, Trien plante sa tente : 5 minutes montre en main, on reconnaît la pro !

Encore 5 mn et elle a pris sa douche (froide) et fait un shampoing.

Nous retournons « en ville » pour que je mange un morceau.

Trien accepte une bière (elle n’est pas belge pour rien !) et une salade lilliputienne.

Elle m’explique son programme des mois à venir.

Elle va retourner à Irkoutsk où elle doit faire réparer la prise micro USB d’alimentation de son GPS. Mercredi elle prend le train pour Moscou. Ensuite elle monte en vélo jusqu’à Mourmansk (plein Nord vers la mer de Barents sur 1850 km). De là elle file sur le Cap Nord pour redescendre par la Norvège vers le Danemark, les Pays-Bas et la Belgique.

Elle se tâte pour faire un crochet par l’Ecosse.

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi je suis admiratif.

Elle me dit qu’elle a fait des courses cyclistes dans sa jeunesse (Gand-Wevelgem, Liège-Bastogne-Liege, Tour des Flandres…). C’est donc une sorte de Jeannie Longueau, à la mode flamande,qui est devant moi.

A part se prosterner humblement que peut-on faire ou dire devant un tel investissement personnel ?

Après le dîner (pour moi) nous sommes conviés par Pasha, un Ukrainien qui est dans le campement, à aller voir un spectacle où un couple, également dans notre petit camp, jongle, danse et joue avec le feu :

Décidément ce soir on nous met le feu !

Une fois le spectacle terminé c’est l’extinction des feux… pour les artistes et pour nous aussi.

A demain !

J 057 Olkhon

Dimanche 8 Juillet 2018

La journée commence, comme hier matin, sous le soleil.

Je consulte les résultats du Mondial : la Russie est éliminée, avec les honneurs, aux tirs-au-but. Donc il n’y aura pas de finale France/Russie…

Ça me fait penser que j’ai oublié hier de poster la copie d’un Tweet qui m’a fait me tordre de rire quand j’ai lu le résumé et les commentaires du match France-Uruguay hier matin. Je vous le livre brut de décoffrage et j’espère qu’il vous fera au moins sourire :

Normalement il n’y a que dans les brèves de comptoir qu’on trouve ce type de réflexion… si on s’y met sur Tweeter, le monde va devenir sympathique.

Remarquez je ne me plains pas car pour moi la matinée commence par un petit déjeuner très sympathique avec mes camarades de camping. J’ai mis dans le pot commun un pot de lait concentré sucré au café (une vraie tuerie) et visiblement tout le monde, ou presque, apprécie cette petite douceur.

Le carillon du Père Sergey retentit à neuf heures et quart.

Tout le monde a l’air de démarrer ce dimanche matin en roue libre…

L’élimination de la Russie n’est même pas évoquée et quand je leur fais part des commentaires élogieux faits par les journalistes français sur leur équipe nationale, ça ne leur fait ni chaud ni froid : le foot n’est pas du tout leur centre d’interêt.

Ce matin trois jeunes s’en vont et j’ai droit à de grandes accolades au moment du départ.

Quand même il faudrait peut-être que je me bouge un peu…

Objectif : un point d’observation baptisé « abri » sur ma carte ou « observation deck » sur Google Maps. Un petit peu de dénivelé, certes, mais certainement une belle vue sur la région.

J’arrive en contrebas de la colline qui semble bien escarpée. En haut je distingue des cavaliers qui font halte au point de vue.

Je commence ma petite grimpette qui se transforme peu à peu en ascension ! Ce petit chemin de terre va me donner du fil à retordre…

Je croise les cavaliers qui descendent et prennent un autre chemin.

Je continue à mouliner… les cinquante derniers mètres sont au maximum des mes possibilités mais j’arrive en haut sans avoir mis pied à terre !

Pas de chance le promontoire a été investi par deux minibus arrivés par l’autre côté de la colline. Appareils photos, caméras… ça mitraille dans tous les sens.

En plus un quad est en train de monter. Mais peut-être impressionné par le monde, il poursuit sa route…

Ça ne m’empêche pas d’admirer le paysage…

En tout cas la vue est bien dégagée

Comme dans beaucoup d’endroits, un totem chamanique est planté à côté de l’abri :

Mon vélo lui est planté de l’autre côté !

La descente est un peu plus rapide. Heureusement car je sens des gouttes. Décidément la météo est capricieuse.

En revenant à Khouzir je passe voir le « port » ou plutôt l’appontement qui est en cours de réfection (il en a bien besoin) :

Peu de bateaux « valides » mais beaucoup d’épaves

Un vieux bus surveille ce cimetière à bateaux :

Les gouttes s’intensifient.

En rentrant je passe devant une maison d’hôtes baptisée « Chez Nadine », étrange…

La suite du programme est une longue sieste forcée, à l’abri de la pluie sous la tente…

À bientôt !

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